TABU
samedi 18 avril 2009 à 06:55
Ligue 1 - AS Saint-Etienne : Caïazzo monte au créneauAlors que son club vit des heures bien sombres et occupe une inquiétante 19e place en championnat, Bernard Caïazzo, l'une des deux têtes pensantes de l'AS Saint-Etienne, est sorti de son silence, jeudi, lors d'un entretien accordé au site officiel du club stéphanois. Avant de recevoir Lille, samedi, pour le compte de la 32e journée de Ligue 1, le président des Verts a décrété l'union sacrée pour sauver le club d'une relégation qui, si elle se confirmait, serait perçue comme une véritable catastrophe dans le Forez.
On ne pensait plus Bernard Caïazzo capable de telles envolées lyriques. Muet depuis le mercato hivernal et la nomination de Damien Comolli au poste de directeur sportif, celui qui est co-président de l'ASSE avec Roland Romeyer, s'est enfin décidé à monter au créneau.
Expliquant son absence de communication dans les derniers mois par un accord pris avec le staff des Verts, le dirigeant stéphanois s'est défendu de se désintéresser de la situation :
« Discrets dans les médias ne veut pas dire absents à l'intérieur du club. Nous sommes très présents pour apporter notre soutien en interne auprès de la direction du club et des joueurs, en totale coordination avec le coach. Si nous avons à parler aux joueurs, nous ne le faisons pas en public. »Caïazzo capitaine de navireIl est vrai qu'avant la douloureuse éviction de Laurent Roussey, le sulfureux tandem Caïazzo-Romeyer était un brin plus volubile et s'épanchait volontiers dans la presse. Renouant avec ses vieilles habitudes, le premier cité a étonnamment usé de termes maritimes à tour de bras pour évoquer la situation de son équipe. Morceaux choisis:
« Lorsqu'on tombe à la mer, la priorité est de se sauver, pas de faire des analyses sur le bateau ou l'équipage. (...) L'ASSE est avec 5 ou 6 autres équipes, comme tombée à la mer. (...) Quand on tombe à la mer, si on panique, on est sûr de se noyer. » Certains trouveront l'humeur métaphorique du président des Verts inspirée, d'autres pathétique...
L'union sacréeEn tout état de cause, Bernard Caïazzo ne supporte plus le manque de cohésion de son équipe, et en appelle à la sacro-sainte
« union sacrée », souvent de mise en temps de crise, usant cette fois d'une autorité presque patriarcale.
Petit mode d'emploi pour se sauver de la descente en Ligue 2 façon Caïazzo. « La première règle est de garder calme et sang froid pour, sur le terrain, jouer son jeu avec ses qualités sans rien regretter. La deuxième règle est l'union sacrée à tous les niveaux. Supporters, joueurs,staff et collectivités jusqu'à la 96ème minute du dernier match. Chacun aura un rôle déterminant pour sauver le club. Il n'y a pas d'autres solutions que de soutenir l'équipe. »Il est vrai que le club de la Loire peut s'enorgueillir de posséder l'un des meilleurs publics de France. Cependant, pas sûr que ce dernier accepte les injonctions d'un président qui a perdu leur confiance, et ce depuis quelques temps.
L'intervention de Bernard Caïazzo, si elle est sans doute sincère, semble être celle du désespoir, tant les Verts sont au bord du gouffre, avec un calendrier des plus compliqués, qui les verra affronter une multitude de candidats au maintien, tout comme eux.
« S'il y avait qu'une seule motivation majeure pour se sauver, c'est la promesse de se maintenir faite à la famille de Maxime, jeune « Magic Fans » disparu de façon tragique. C'est une promesse solennelle faite au nom de la direction, du staff et des joueurs. Nous sommes tous liés par elle... »La fin du message délivré par l'homme d'affaires de 55 ans joue la carte de l'émotion, d'une façon que l'on pourra juger déplacée ou tout à fait appropriée, c'est selon. Mais si cela devait fonctionner après tout, qui se souciera de la manière...